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Dans l’épicentre italien du COVID-19, des drones se dotent d’un capteur qui dérange

Des drones italiens contrôlent les passants à la recherche de malades se trouvant à l’extérieur.


Treviolo est une petite commune de 11 000 habitants, située dans la banlieue de Bergame, en Italie. Malgré son apparence tranquille, elle s’est retrouvée en plein épicentre du foyer de l’épidémie de COVID-19, au cours des dernières semaines. La situation a déjà emporté plus de cinquante personnes, et malgré des indicateurs montrant que le virus a peut-être atteint son pic, le Maire de la commune a décidé de continuer à agir, et de manière forte.

Comme ailleurs en Europe et dans le monde, le besoin de protéger le personnel de police a justifié Treviolo de se doter de drones de surveillances. Depuis deux jours, de nouveaux modèles se sont envolés dans le ciel de la commune, en emportant avec eux des capteurs de température, et des haut-parleurs. « Attention ! Vous êtes dans une zone interdite. Sortez immédiatement », émettait l’un d’eux. Un passant, situé quelques mètres plus bas, venait d’être mesuré avec de la température, signe que peut-être, cet individu était porteur du virus.

Après l’avoir repéré, le nouveau drone redescend de son altitude de croisière, à 25 mètres de haut. C’est à partir de là qu’il repère les individus ayant pris la décision de sortir dans les rues de la commune. Plus bas, en se rapprochant de lui, l’engin volant y allume son capteur de température. En cas d’alerte, sur la cartographie de la zone pointée qu’il mesure, c’est à partir d’un point tournant à l’orange – signe de chaleur trop élevée – que le premier test est donné.

En cas de « température corporelle qui semble anormale, nous envoyons une patrouille (…) relever la température avec un thermomètre de précision pour établir si la personne se trouvait en quarantaine obligatoire qu’elle a violée, en auto-confinement dont elle est sortie ou si elle a des problèmes de santé », détaillait Matteo Copia, auteur et commandant de la police locale, à l’AFP.


Une présence qui divise


Outre son bourdonnement mécanique, qui ne se fait pas discret dans les ruelles de Treviolo, le nouveau modèle de drone utilisé par la police locale ne fait pas que des heureux. Il rassure certains, mais en alerte d’autres. Pourtant, la situation critique avait justifié sa présence pour une grande majorité des habitants sa présence. « Au moins, nous savons qui est infecté et qui ne l’est pas », convenait Regina Masper une habitante à la retraite, en répondant à l’AFP. « L’utilisation de drones peut sembler positive, ajoutait Carlotta Locatelli, étudiante, mais à mon avis, c’est une violation de la vie privée », nuançait-elle.

Pour Matteo Copia, la présence d’un tel dispositif sera d’autant plus importante pour la suite. Cela fait plus d’un mois que la commune est devenue fantomatique. Le confinement ne sera plus aussi supportable qu’il a pu l’être, malgré la tragédie qui s’en est produit. Le soleil printanier, qui recouvre déjà les ruelles d’une atmosphère confortable dans un pays où la vie dans la rue est encrée chez chacun, pourrait amener à une plus grande déviance face aux mesures sanitaires.


Malgré les mécontents, le commandant de la police rappelle que le nouveau dispositif « est parfaitement légal ». « En ce moment d’urgence, l’autorité italienne de l’aviation civile nous a autorisés à contrôler les personnes », finissait-il par dire. À Rome, le gouvernement commence à évoquer le sujet du déconfinement. Il pourrait s’établir le 4 mai. Mais en vue de la situation critique en Lombardie, certaines communes pourraient décider de maintenir encore les mesures. En attendant, les drones continueront à voler. Une mesure qui aurait semblé inimaginable – et certainement inacceptable – il y a tout juste un mois.

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