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Les caméras-piétons des policiers seraient en grande partie inutilisables

Mauvaise prise de vue, fixation défectueuse, batterie rapidement à plat, les dysfonctionnements sont nombreux, dévoile « Le Canard enchaîné ».



Cela devait être une innovation assurant que les contrôles de police se passent bien et sans bavure. Mais la réalité est tout autre. Les caméras-piétons qui équipent les forces de l'ordre seraient en réalité pour la plupart inutilisables, révèle Le Canard enchaîné. En pleine polémique sur les violences policières présumées que le gouvernement refuse de nommer directement, l'information passe mal. Selon le journal satirique, 10 400 dispositifs ont été distribués aux forces de l'ordre, des milliers de caméras qui ne servent peu ou pas à cause de nombreux dysfonctionnements.

Ce nouvel équipement aura tout de même coûté la bagatelle de 2,3 millions d'euros. « Non seulement les fixations ne tiennent pas, mais l'autonomie est ridicule. On est obligés de partir avec quatre batteries de rechange ou alors, pour économiser le jus, on laisse la caméra éteinte. Et la remettre en marche prend des plombes », dénonce ainsi un fonctionnaire de la sécurité publique. La caméra-piéton était pourtant un souhait de Christophe Castaner. Le ministre de l'Intérieur avait en effet annoncé en janvier 2019 que les policiers armés de LBD seraient, « dans la mesure du possible, équipés de caméras-piétons ». Il avait révélé cette nouvelle mesure lors d'une audition à l'Assemblée sur la proposition de loi anti-casseurs. Il souhaitait « répondre à la double exigence de transparence et d'exemplarité qu('ils devaient) aux Français ».


L'angle de vue obstrué


Force est de constater qu'en l'espace de quelques mois le dispositif ne semble pas avoir été enclenché comme voulu. Pire encore, lorsqu'un membre des forces de l'ordre effectue un tir de LBD, son mouvement de bras empêcherait la caméra de filmer correctement la scène. Pour que la prise de vidéo soit correcte, il faudrait qu'un autre policier se poste derrière son collègue avec une autre caméra au moment de l'action.


Les gendarmes ont eux aussi reçu les mêmes dispositifs. Mais, anticipant les futurs problèmes, ils n'ont embarqué que 95 modèles sur les 5 000 caméras distribuées par le ministère de l'Intérieur. La qualité du produit s'est donc avérée médiocre. C'est une PME située à Saint-Lambert-la-Potherie (Maine-et-Loire) qui avait remporté l'appel d'offres. Elle avait fait appel à un fabricant chinois inscrit sur une liste noire américaine. Désormais, les policiers embarquent avec eux des GoPro payées avec leurs propres deniers.

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