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Reconnaissance faciale : les appels à ralentir se multiplient

Le patron de Google, Sundar Pichai, appelle à davantage de régulations concernant l'utilisation de l'intelligence artificielle. En cause notamment : le déploiement de la reconnaissance faciale qui suscite de nombreuses inquiétudes.


Il est urgent d'attendre concernant le déploiement de la reconnaissance faciale. C'est en substance le dessein de la Commission européenne, qui a pour projet d'interdire pendant les cinq années à venir l'utilisation de cette technologie d'intelligence artificielle (IA) dans l'espace public, croit savoir l'agence Reuters.

Une durée que Bruxelles juge nécessaire pour se donner le temps de mettre au point des garde-fous efficaces pour juguler les externalités négatives et les effets néfastes pouvant potentiellement être engendrés par la reconnaissance faciale - tout particulièrement en ce qui concerne la vie privée et les données personnelles des citoyens européens. La commissaire chargée du Numérique, Margrethe Vestager, devrait présenter ses propositions le mois prochain.


Celles-ci sont attendues et seront lues attentivement en France, où le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, a affirmé, il y a un mois, qu'il souhaitait « ouvrir une phase d'expérimentation, de six mois à un an, sous la supervision de la société civile et des chercheurs » concernant l'utilisation de la reconnaissance faciale à des fins de vidéosurveillance.


L'appel du patron de Google


Ce lundi, l'association La Quadrature du Net a d'ailleurs annoncé qu 'elle venait de déposer , avec la Ligue des droits de l'homme, un recours en référé devant le tribunal administratif de Marseille contre « la décision prise par la ville […] de mettre en place dans cette ville un dispositif dit de 'vidéoprotection intelligente'. »

De l'autre côté de l'Atlantique, une voix qui porte s'est élevée pour appeler à davantage de régulation de l'intelligence artificielle, tout particulièrement la reconnaissance faciale : celle de Sundar Pichai, le patron de Google, qui vient de franchir les 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière et a beaucoup investi dans la recherche et le développement de cette technologie ces dernières années.

« Il y a de réelles inquiétudes concernant les potentielles conséquences négatives de l'IA, des deepfakes jusqu'aux utilisations néfastes de la reconnaissance faciale », écrit-il dans une tribune parue dans le « Financial Times » ce lundi , où il appelle de ses voeux la mise en place de standards mondiaux pour encadrer l'utilisation de l'IA. « Des entreprises comme la nôtre ne peuvent pas élaborer de prometteuses nouvelles technologies et laisser les forces du marché décider comment celle-ci va être utilisée », précise-t-il.


Des dérives partout dans le monde


Les dérives liées à la reconnaissance faciale sont souvent pointées du doigt en Chine, où cette technologie est utilisée par Pékin pour étouffer toute dissidence.

Dernière mesure en date : une nouvelle réglementation exigeant que les personnes se fassent scanner leur visage lors de leur enregistrement à un service de téléphonie mobile. Le gouvernement chinois a justifié cette directive en avançant que cela permettrait de lutter contre le trafic de cartes SIM…


Mais les pays occidentaux ne sont pas épargnés non plus. Aux Etats-Unis, une application nommée « Clearview » a mis au point un système d'identification immédiate, relate le « New York Times » dans un article titré : « L'entreprise secrète qui pourrait mettre fin à la vie privée telle que nous la connaissons ».

En quelques années, Clearview a amassé une base de données de plus de 3 milliards de visages (via Facebook, YouTube, etc.)… et a vendu sa solution de reconnaissance faciale à plus de 600 forces de police américaine, dont le FBI. De quoi nourrir l'argumentaire des contempteurs de la reconnaissance faciale.

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